Projet de fin d'étude : Optimisation de l’élevage de la mouche soldat noire (Hermetia illucens) et son utilisation dans l’alimentation des volailles
Etudiant : BOUGARNE HAITEM
Filière : Master d'excellence: Biotechnologie Alimentaire et Management de la Qualité (BAEMQ)
Encadrant : Pr. LAHMASS ILIASS
Annèe : 2026
Résumé : Face à l’augmentation de la demande en protéines animales et aux limites économiques et environnementales des sources protéiques conventionnelles, telles que le tourteau de soja et la farine de poisson, la recherche d’alternatives durables devient une priorité pour les filières d’élevage. Dans ce contexte, la mouche soldat noire, Hermetia illucens, présente un intérêt particulier en raison de sa capacité à convertir des déchets organiques en biomasse larvaire riche en protéines et en lipides, pouvant être valorisée dans l’alimentation animale. Ce travail de fin d’études porte sur l’optimisation de l’élevage de la mouche soldat noire et l’évaluation de son utilisation dans l’alimentation des volailles. L’étude s’est d’abord intéressée à l’identification et à la sélection de sous-produits organiques locaux, ainsi qu’à l’analyse de leur disponibilité et de leur composition nutritionnelle. Différents régimes alimentaires ont ensuite été formulés afin d’évaluer leur effet sur les performances zootechniques des larves, notamment la croissance, le gain de poids, la production de biomasse, l’indice de conversion alimentaire et la production de frass. Une seconde partie expérimentale a porté sur l’incorporation des larves dans l’alimentation des poulets, avec incorporation de 5% (HI5) et 10% (HI10) des larves vivantes dans la formulation alimentaire en comparaison avec le témoin. Cela a été réalisé à travers l’évaluation des performances de croissance, des paramètres physico-chimiques de la viande et de son acceptabilité sensorielle. Les résultats obtenus montrent que la formulation D1 présente de meilleures performances zootechniques que le régime témoin D2, notamment en matière de croissance larvaire, de gain de poids et d’efficacité de conversion alimentaire. Toutefois, la composition chimique globale des larves demeure relativement stable entre les régimes étudiés, avec un équilibre nutritionnel acceptable dans le régime D1. Le taux des protéines totaux était légèrement élevé dans le régime D1 (38.6%), en comparaison avec le témoin (37.4%). Concernant l’alimentation des poulets, l’incorporation des larves aux niveaux HI5 et HI10 n’a pas entraîné de différences significatives sur les performances de croissance, le pH du muscle pectoral, le poids des organes ou la composition chimique de la viande par rapport au témoin. L’analyse sensorielle a également montré une bonne acceptabilité des échantillons, avec une préférence plus marquée pour le régime HI10 en termes de jutosité, arome, couleur, la tendreté et acceptabilité finale. Cette étude a confirmé le potentiel de la mouche soldat noire comme ressource alternative durable pour l’alimentation animale. Elle met en évidence son intérêt dans une logique d’économie circulaire, de valorisation des déchets organiques et de réduction de la dépendance aux matières premières conventionnelles. Mots-clés : mouche soldat noire, Hermetia illucens, larves, alimentation des volailles, protéines alternatives, bioconversion, économie circulaire, sous-produits organiques.