Projet de fin d'étude : Étude ethnopharmacologique, Caractérisation Phytochimique, et Potentialités Thérapeutiques des Sous-Produits du Pin

Etudiant : YECHOU NOUHAILA

Filière : Master d'excellence: Biotechnologie Alimentaire et Management de la Qualité (BAEMQ)

Encadrant : Pr. BENZIANE OUARITINI ZINEB

Annèe : 2026

Résumé : Le Pin (Pinus pinaster Ait.) est une espèce forestière largement répandue dans le bassin méditerranéen, reconnue pour ses propriétés écologiques et thérapeutiques. La présente étude vise à évaluer le potentiel médicinal du Pin et de ses dérivés (huile essentielle et miel de miellat) à travers trois axes : une enquête ethnopharmacologique auprès de la population marocaine, une caractérisation phytochimique et biologique in vitro, et une analyse de la composition volatile de l’huile essentielle par GC-MS/MS. L’enquête ethnopharmacologique, menée auprès de 101 personnes (population générale, pharmaciens et herboristes), a révélé que le Pin est encore peu utilisé en médecine traditionnelle au Maroc (21,1 % des répondants). Les propriétés respiratoires (pectorales) et anti- inflammatoires sont les plus citées, et l’huile essentielle constitue la forme la plus utilisée. L’analyse phytochimique du miel de Pin a montré des paramètres de qualité conformes aux normes internationales (humidité 18 %, pH 4,02, conductivité 1,21 mS/cm, Brix 80,5 %). Sa teneur en composés phénoliques totaux (45,24 mg GAE/100g) et en protéines (540 µg/g) confirme sa richesse en métabolites bioactifs. L’activité antioxydante, évaluée par le test DPPH, a révélé une CI50 de 46 ± 2,3 mg/mL et 0,146 mg/mL, pour le miel et l’huile essentielle, respectivement, témoignant d’un pouvoir antiradicalaire modéré. L’activité antibactérienne du miel et de l’huile essentielle a été testée contre trois souches d’Escherichia coli responsables d’infections urinaires. Le miel a montré une inhibition modérée contre deux souches (zones d’inhibition de 18 mm et 12 mm), tandis que la troisième souche s’est révélée résistante. L’huile essentielle de Pin n’a présenté aucune activité inhibitrice. La composition volatile de l’huile essentielle, analysée par GC-MS/MS, a permis d’identifier 43 composés, dominés par le caryophyllène (10,51 %), l’α-humulène (7,23 %) et l’α-pinène (5,43 %). En conclusion, cette étude confirme le potentiel thérapeutique du Pin et de ses dérivés, notamment en tant qu’antioxydant et remède respiratoire, mais souligne les limites de leur activité antibactérienne face aux souches Gram-négatives. Ces résultats ouvrent des perspectives prometteuses pour la valorisation de cette ressource naturelle au Maroc, sous réserve d’études complémentaires (toxicologie, pharmacologie in vivo) et d’une meilleure sensibilisation des professionnels de santé et du grand public.