Projet de fin d'étude : Étude ethnobotanique de Mandragora autumnalis dans la Région de Fès-Meknès au Maroc

Etudiant : BOUTOUISSA NAJLAE

Filière : Master Biotechnologie, Ecologie et Valorisation des Phytoressources (BEVP)

Encadrant : Pr. BARI AMINA

Annèe : 2026

Résumé : La médecine traditionnelle occupe une place importante dans les systèmes de santé au Maroc, où les plantes médicinales constituent une ressource thérapeutique largement utilisée. Parmi celles-ci, Mandragora autumnalis est une espèce reconnue pour ses propriétés médicinales, mais également pour sa toxicité. Cette étude a pour objectif de documenter les connaissances et les usages traditionnels de cette plante dans la Région de Fès-Meknès, tout en comparant les pratiques des populations urbaines et rurales. Une enquête ethnobotanique a été réalisée auprès 150 informateurs, dont 100 habitants de la commune rurale de Tabouda Province de Taounate et 50 herboristes de la ville de Fès, à l’aide d’un questionnaire. Les données recueillies ont été analysées à l’aide des logiciels GraphPad Prism 11 et Microsoft Excel. L'importance ethnobotanique de la plante a été évaluée à l'aide de l'indice de fréquence relative de citation (Relative Frequency of Citation, RFC). Les résultats montrent que les plantes aromatiques et médicinales sont davantage utilisées au milieu rural avec un pourcentage de 96 % et 60 % dans le milieu urbain. La connaissance visuelle de Mandragora autumnalis est également plus élevée au milieu rural avec un pourcentage de 68% alors que son utilisation est plus fréquente au milieu urbain 40% contre 4% en milieu rural. Les usages diffèrent selon le milieu : en milieu rural, la plantes est principalement associée à des pratiques liées aux croyances, tandis qu’en milieu urbain, elle est surtout employée à des fins thérapeutiques, notamment pour soulager les douleurs et les rhumatismes. Les racines constituent la partie la plus utilisée en milieu urbain, alors que les fruits et la plante entier sont davantage employés au milieu rural. L'étude met également en évidence une faible connaissance de la toxicité de Mandragora autumnalis puisque 60 % des enquêtés en milieu urbain et 85% en milieu rural déclare ne disposer d'aucune information sur les risques liés à son utilisation. Enfin, l'indice de fréquence relative de citation (RFC) est plus élevé en milieu urbain (0,4) qu’en milieu rural (0,04), traduisant une fréquence de citation plus importante de cette espèce par les herboristes. Cette étude met en évidence l'importance du patrimoine ethnobotanique associé à la Mandragora autumnalis dans la Région Fès-Meknès, tout révélant des différences significatives entre le milieu rural et urbain en termes de connaissances et d'usages de cette plante. Elle souligne également la nécessité de renforcer la sensibilisation aux risques liés à sa toxicité et de préserver les savoirs traditionnels afin de favoriser une utilisation raisonnée et sécurisée de cette espèce.